charlestiran a écrit: Alors d'après le cours on sait que l'on peut indifféremment raisonner dans un exo avec le point de vue matrice ou le point de vue application linéaire canoniquement associée.
En dimension finie seulement

(enfin, après, on peut étendre la notion de matrice en dimension infinie mais ça dépasse le cadre du programme).
Disons que l'intérêt d'une matrice, c'est qu'elle est plus maniable que le plan du calcul que l'endomorphisme. En fait, on se rend compte de l'intérêt de tout ça quand on fait la réduction en spé je pense.
Mais si tu veux, la matrice, c'est un peu la carte d'identité d'un endomorphisme, mais elle sert aussi à traduire des systèmes.
Si par exemple, tu as devant toi le système :
3x + 2y + z = 1
2x + 5y + 3z = 2
x + y + z = 3
Il se traduit matriciellement en posant X = <<x>|<y>|<z>> et A = <<3,2,1>|<2,5,1>|<1,3,1>> et B = <<1>|<2>|<3>> (notation Maple) par :
AX = B
Et là si par exemple A est inversible et que tu connais son inverse, il vient X = A^(-1) B par exemple, et même si ça reste traduisible par des endomorphismes, ici, les calculs sont plus "compacts" avec des matrices.
Quelques autres exemples plus intéressants :
Relation de suites définies par récurrences
linéaires interdépendantes :
Tu considères x,y,z trois suites, de premiers termes donnés, définies par récurrence du genre :
x(n+1) = 3xn + 2yn + zn
y(n+1) = 2xn + 5yn + 3zn
z(n+1) = xn + yn + zn
Et là, question classique : "déterminer l'expression de x, y et z en fonction de n..."
Bah en posant U(n) = <<xn>|<yn>|<zn>> tu te rends compte que :
U(n+1) = A U(n)
(avec les notations précédentes).
Par une récurrence assez simple il vient :
U(n) = A^n * U(0)
Le calcul des puissances de A, qui se fait par récurrence dans des cas simples, ou en diagonalisant (tu verras ça en spé, en gros, ça consiste à transformer A en D où D diagonale - quand c'est possible -, le calcul des puissances est immédiat alors), donne finalement U(n), et donc xn,yn, et zn.
En fait, l'intérêt des matrices en mon sens, c'est de marquer la transition entre un système linéaire et une interprétation en terme d'endomorphisme. Et son intérêt réside dans l'aspect calculatoire qui est plus facile à manipuler que celui des endomorphismes.
En gros, si tu as un exo "d'algèbre linéaire pure" genre montrer une inclusion de noyaux, etc, il est plus commun de passer par les endomorphismes,
si il s'agit plutôt de faire des calculs dans un contexte où ton endomorphisme est explicitement donné (par l'image d'une base par exemple), souvent l'interprétation matricielle est très pratique.
Puis les matrices servent pour bien d'autres outils que le déterminant, que tu verras probablement par la suite (enfin, je ne sais pas trop où en est le programme de PC à ce propos) : trace, exponentielle de matrice, formes quadratiques... Ah oui, et une matrice, ça se transpose facilement et la notion de matrice symétrique (égale à sa transposée) joue un rôle fondamental dans les espaces euclidiens... C'est moins commode en matière d'endomorphisme.
Je dis tout ça parce que quand j'étais à ta place, j'ai moi aussi eu du mal à digérer les matrices, je trouvais ça vraiment inutile, lourd, chiant à calculer... Puis aujourd'hui, c'est limite si je ne traduits pas mes endomorphismes en matrices... ^^
De toute façon, une fois qu'on a bien compris que c'était la même chose...