Contrôleur aérien : une opportunité d'arbitrage

Pour témoigner ou appeler à témoignage ceux qui sont sortis depuis peu ou depuis longtemps de leurs écoles.

Messages : 2734

Enregistré le : 13 mai 2014 21:12

Classe : intégré

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Jay Olsen » 16 mai 2016 21:23

Askskz a écrit :
Malheureusement on nous berce bien comme il faut oui.. J'ai essayé dernièrement de "combattre" ces préjugés : j'ai mis les pieds à Saclay (quelques jours) pour me faire une vraie idée des écoles. Assez bénéfique de voir ça de ses propres yeux. Mais il est vraiment trop difficile de ne pas succomber à ce qu'ils vendent sur les plaquettes..
Tu as fait un tour directement en cours ? Tu appelles un pote 5/2 et rien ne ressemble plus à un élève ingé qu'un taupin, tu rentres sans soucis.
:D

Je voulais être pilote, oui. J'ai un peu abandonné l'idée pour plusieurs raisons : la carrière est un peu bouchée (pour ce qui est de AF en tout cas, les low-costs c'est différent), les horaires difficiles (ceci dit ICNA c'est similaire, mais j'entends par là une capacité à gérer le décalage horaire), et des raisons purement personnelles. Pas d'inaptitude non ^^ sinon j'aurais pas présenté ICNA, il y a des exigences médicales (que j'ai pas regardé en détail) qui doivent être similaires.

Comme je disais en MP, oui l'aviation légère je connais ;)
Si tu as réellement abandonné, c'est parfait (engagement de dix ans auprès de l'état)
Toutes les questions sont bien utiles ensuite, c'est celles qui faut se poser effectivement... C'est plus un choix de style de vie que de métier, je suis totalement d'accord.

- stabilité de l'emploi : c'est une option, ce n'est pas déterminant pour moi mais c'est quelque chose que je ne connais pas encore donc difficile de dire. En tout cas, la perspective de rester toute sa vie dans le même style de métier (DGAC) m'effraye. Ceci dit ingénieur, c'est facile de s'enterrer au même endroit, c'est même plus effrayant : pavillon de banlieue, gosses, Scénic...
Rien ne t'empêche de prendre une disponibilité pour monter ta boite, voire de la monter en parallèle de ton job d'icna au début.
- confort matériel : oui, c'est quelque chose d'important. Le premier salaire est décevant comparé à ce qu'on espère, je pense que je le vivrais un peu mal oui, mais c'est pour ça que je considère sérieusement l'étranger. Donc je mettrais le salaire comme avantage principal des ICNA face aux ingénieurs (après la proximité aéro).
- possibilité d'être dans une ville pourrie : j'ai grandi dans une ville paumée xD Je ne sais pas trop, bien sûr ça me ferait chier d'habiter Brest, mais si possibilités de bouger il y a (et c'est possible comme tu dis), ça me va.

Finalement, pour moi il y a un point noir supplémentaire : impossibilité d'évoluer à l'étranger (hors DOM-TOM). J'ai pas mal de famille qui vit à l'étranger, des cousins qui sautent le pas encore récemment donc la perspective de partir quelques temps ne m'est pas incongrue. J'ai entendu parler d'une histoire comme quoi dans un cadre européen, les contrôleurs pourront partir plus facilement ailleurs en Europe mais ça me semble assez fumeux.
Tu partira en vacances sans avoir à poser de jours de vacances en étant ICNA 8)
Vendue, merci

Messages : 1349

Enregistré le : 10 janv. 2010 16:22

Classe : 1G-nieur

Localisation : 94

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Porcepic » 17 mai 2016 22:52

Askskz a écrit :- stabilité de l'emploi : c'est une option, ce n'est pas déterminant pour moi mais c'est quelque chose que je ne connais pas encore donc difficile de dire. En tout cas, la perspective de rester toute sa vie dans le même style de métier (DGAC) m'effraye. Ceci dit ingénieur, c'est facile de s'enterrer au même endroit, c'est même plus effrayant : pavillon de banlieue, gosses, Scénic...
"ICNA", pas "DGAC". En l'occurrence, tu as d'autres corps de la DGAC accessibles post-prépa (via concours ENAC Fonctionnaire sur CCP) qui offrent un salaire certes plus bas que celui d'ICNA (pas en début de carrière ceci dit), mais avec des perspectives beaucoup plus variées en termes de carrière (allant de postes très techniques à des postes beaucoup plus wtf pour un gars avec une formation d'ingénieur), des responsabilités potentiellement très sympa pour un jeune ingé, et accessoirement des possibilités de se faire des expériences à l'étranger à terme (via détachement / mise à disposition pour des organisations internationales type EASA, OACI...).
2010-12 : MPSI2 > MP* – Marcelin Berthelot, Saint-Maur-des-Fossés (94)
2012-15 : IENAC12L, ÉNAC, Toulouse (31)

Messages : 2734

Enregistré le : 13 mai 2014 21:12

Classe : intégré

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Jay Olsen » 17 mai 2016 23:02

Il me semblait qu'un ICNA qui perdait son aptitude médicale après trois ans comme PC conservait son avancement et ses primes, c'est le cas ou pas ?

Quand tu dis pas en début de carrière, tu fais référence à la période de formation initiale en centre d'affectation définitif où tu gagnes environ 2k€ ?

Pour finir, un ICNA a des possibilités de reconversion à la DGAC ou ailleurs, je connais évidemment moins mais ça n'est pas strictement limité au contrôle !
Vendue, merci

Messages : 1349

Enregistré le : 10 janv. 2010 16:22

Classe : 1G-nieur

Localisation : 94

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Porcepic » 18 mai 2016 21:09

Pour le premier point, je n'ai pas la réponse…

Pour le deuxième point, oui, notamment (là le gap est du coup vraiment important). Après cette période, je ne sais pas exactement quel est le bond de salaire des ICNA (on entend beaucoup de bruits là-dessus, et le système est suffisamment complexe/confus pour que l'information soit quasiment inaccessible) mais je pense qu'on a des chances de rester un peu au-dessus (c'est sans doute plus kif-kif néanmoins). Pas forcément pendant très longtemps, peut-être. :D

Pour les reconversions des ICNA, certes ça n'est pas du contrôle mais ça reste quand même très orienté vers leur cœur de métier, à savoir la navigation aérienne (tu me diras, ça tombe bien, ils sont censés aimer ça… :) mais si tu ne veux plus faire de contrôle c'est peut-être que tu as quand même envie de voir autre chose). Les possibilités de changer carrément de domaine sont beaucoup plus limitées que pour un IEEAC ou un TSEEAC (voire des IESSA).
2010-12 : MPSI2 > MP* – Marcelin Berthelot, Saint-Maur-des-Fossés (94)
2012-15 : IENAC12L, ÉNAC, Toulouse (31)

Messages : 6845

Enregistré le : 22 avr. 2014 10:56

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Pater » 18 mai 2016 22:53

En fait le pb est là : orienter les avions c'est surement sympa
Mais toute une vie !

Messages : 518

Enregistré le : 15 juin 2010 21:41

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Wyrd » 19 mai 2016 18:56

Pater a écrit :En fait le pb est là : orienter les avions c'est surement sympa
Mais toute une vie !
Bof, dire ça c'est scandaleux. On monte la tête aux étudiants en disant que le job d'ingénieur est passionnant blabla
Alors qu'en fait c'est très souvent un job de bureau chiant et répétitif.
Diriger des avions a l'air bien mieux

Messages : 6845

Enregistré le : 22 avr. 2014 10:56

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Pater » 19 mai 2016 21:59

C'est un scandale Mr Elkabach :lol:
Bon si on peut même pu troller
J'enfonce le clou.
Un contrôleur bosse dans un open space qui s'appelle une tour de contrôle. Perso je vois pas trop la différence avec un bureau. Un peu plus de hauteur et encore c'est très relatif / un IGH de la Défense
Cela reste des rampants face à un jeu vidéo; l'objectif n'est pas "shot them all" mais "save them all".
Un ingénieur peut, en s y préparant, exercer une foule de fonctions différentes dans une entreprise. Sans parler de l'expatriation et de la possibilité de voir du pays (grands travaux à l'international, exploration matières premières, ingénierie d'affaires...)

Messages : 2188

Enregistré le : 01 juin 2012 22:03

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Cortez » 19 mai 2016 23:28

Le contrôleur contrôle moins de 20h par semaine... Il a le temps de faire autre chose pour dépenser ses 7000 € ;)
(pour info, il n'est pas obligatoirement dans une tour, il peut être dans un centre de contrôle régional)

Messages : 6845

Enregistré le : 22 avr. 2014 10:56

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Pater » 19 mai 2016 23:44

c'est vrai
La regle des 80/20 est inversée.
Il bosse 20% de son temps libre. Une forme de hobby en quelque sorte
et il peut très bien arrondir ses fins de mois avec une autre activité genre retaper une maison qu'il revendra en changeant d'affectation...

Messages : 2734

Enregistré le : 13 mai 2014 21:12

Classe : intégré

Re: Contrôleur aérien : une opportunité d'arbritrage

Message par Jay Olsen » 19 mai 2016 23:47

Pater a écrit :C'est un scandale Mr Elkabach :lol:
Bon si on peut même pu troller
J'enfonce le clou.
Un contrôleur bosse dans un open space qui s'appelle une tour de contrôle. Perso je vois pas trop la différence avec un bureau. Un peu plus de hauteur et encore c'est très relatif / un IGH de la Défense
Cela reste des rampants face à un jeu vidéo; l'objectif n'est pas "shot them all" mais "save them all".
Un ingénieur peut, en s y préparant, exercer une foule de fonctions différentes dans une entreprise. Sans parler de l'expatriation et de la possibilité de voir du pays (grands travaux à l'international, exploration matières premières, ingénierie d'affaires...)
Oui, vend ça aux mecs qui iront rejoindre par paquets des SSII :D

C'est pas moi qui le dit pour raison X ou Y (dont tu te doutes hein), c'est simplement parce qu'aujourd'hui sur les 800 000 ingénieurs qui travaillent en France tu en trouves une proportion hallucinante en SSII. Je dirais 50 à 75%.
Une estimation grossière me dit que environ 300 000 ingénieurs se trouvent dans les grosses SSII en France :
http://www.channelnews.fr/classement-de ... ance-13152
Et tu en as ensuite 25% rien que dans les petites SSII :
"Elles sont près de 20 000 en France. Employant plus de 200 000 salariés. Les PME SSII (moins de 250 salariés) représentent environ deux-tiers des effectifs de la filière des services et ingénierie informatique."

Pour le reste, il s'agit juste de faire un choix de vie : un boulot où tu dois progresser tous les jours pour améliorer ta situation et même pour faire ton boulot au jour le jour (dans mon taf, même le mec avec 10 ans d'xp sur le projet est parfois surpris de ce qu'il découvre), ou alors un truc que tu saura faire tous les jours sans soucis, qui t'occupera de manière intense au travail mais te laissera du temps pour autre chose.

+1 pour l'activité supplémentaire. Avec ce temps libre, tu peux avoir une activité quasi à temps plein supplémentaire, professionnelle ou pas.
Vendue, merci

Répondre